En l’an 19 av. J.-C., Maryam, quatre ans et demi, entre au Temple de Jérusalem.
À l’instant où Maryam passa la porte de l’habitation des femmes, elle sut que Dieu s’était trompé. Dans ce Temple, il n’y avait aucun signe de sa chaleureuse présence. Qu’allait-elle faire maintenant ? Il l’avait pourtant désignée pour le servir. Elle. Maryam. N’était-elle pas née pour cela ?

Ce roman initiatique raconte la fascinante histoire d’une femme qui a personnifié l’essence du féminin sacré, la face voilée de l’humanité restée dans l’ombre pendant des millénaires. Marie, la mère de Jésus, nous indique une voie que, deux mille ans plus tard, chacun se prépare à parcourir : laisser éclore la puissance créatrice du féminin, la Shekinah, lovée en chaque femme et en chaque homme.
Ava Torrent a puisé ses sources dans les travaux de plusieurs spécialistes. S’appuyant sur des années de recherches, dont l’étude des évangiles et d’écrits dits apocryphes (textes qui n’ont pas été retenus pour faire partie du canon biblique), elle propose ici une version audacieuse et tout à fait inédite de la vie de Marie. Ava associe avec talent le romanesque à l’historique et nous entraîne dans un fascinant récit, où lespersonnages féminins, trop souvent dévoyés, sont restitués dans leur véritable rôle.
Plonger dans l’histoire de Marie, cette femme profondément humaine, nous permet de porter un regard libérateur sur le passé, pour mieux comprendre le présent et accueillir le futur émergeant de notre 21e siècle. La force créatrice que représente la Shekinah pourrait bien y jouer un rôle fondamental.

Oser romancer un événement historique marquant pour notre culture occidentale – le chemin de vie de Marie, la mère de Jésus – fut un défi extraordinaire à relever. Je n’ai pas inventé l’histoire que vous êtes sur le point de découvrir. J’ai repris, assemblé et « habillé » des informations existantes afin de leur prêter une esthétique romantique, sobre et cohérente.
Ce roman est le fruit de plusieurs années de recherches basées sur l’étude des Évangiles et de multiples documents apocryphes (écrits antiques qui ont été tenus à l’écart du canon biblique, notamment lors du concile de Laodicée vers l’an 363 AD). En parallèle, je me suis laborieusement penchée sur les travaux de notables théologiens, philosophes, historiens des religions et mythologues (voir bibliographie en fin de livre). Ces libres penseurs ont émis des théories remarquablement inspirantes, qui se font écho et qui nous invitent à poser un regard vivant et novateur sur notre passé.
Trouver la voie du juste milieu entre des faits méconnus qui cherchent à émerger aujourd’hui dans nos consciences, et un profond respect pour la sapience des différentes Églises, fut un véritable exercice de funambulisme sur la corde raide qui sépare deux compréhensions de la vérité, deux perceptions du sens de la vie, deux structures de pensée. Forte de cette scrupuleuse intégrité, je me suis autorisée à explorer la possibilité que les femmes qui ont entouré et accompagné le Galiléen, voici deux mille ans, aient joué un rôle bien plus important que ce que les traditions ecclésiastiques nous suggèrent.
Le présent récit décrit le parcours initiatique et tellement humain d’une femme au destin extraordinaire, une femme qui a vécu au début de notre ère, en Palestine, une femme qui est restée dans l’ombre durant plus de deux millénaires, une femme dont on a oublié l’existence et refoulé le caractère sacré de la destinée, une femme, enfin, à qui la vie a confié unefascinante et éminente mission auprès de celui que beaucoup nomment le Messie. Cette femme est l’incarnation vivante de la Shekinah : la Mère Divine, le féminin sacré, la manifestation de la gloire de Dieu, la colombe qui représente le Saint-Esprit.
Ava
Que veut dire la Shekinah ?
C’est un mot féminin de racine hébraïque qui fait référence à une notion très subtile. Il s’agit du concept divin de présence féminine. La sagesse. Le féminin sacré. La Déesse-Mère. La face féminine de Dieu. Le Souffle de vie. Le Saint-Esprit symbolisé par la colombe. La Mère des origines. La manifestation de la gloire de Dieu. La présence de Dieu. Elle est tout cela.
On la connaît aussi sous le nom de Boga Shakti, Sofia, Tiamat, Isis…
Je trouve que la Shekinah est un concept assez difficile à appréhender avec notre cerveau gauche, le cerveau du mental analytique. C’est pour cela que je propose une avalanche de définitions, j’espère qu’ainsi, chacun pourra trouver la formule qui convient à son cerveau droit, la partie féminine et intuitive, et ainsi ressentir intimement qui est vraiment la Shekinah.
Pourquoi ce livre sur Marie ?
Le Nouveau Testament est un ensemble d’écrits qui a fortement influencé le développement de notre culture occidentale. Mais la présence des femmes est largement passée sous silence. On ne parle des apôtres qu’au masculin. Pourquoi ? A-t-on cherché à effacer les traces de leur influence ? A l’époque, le savoir des femmes faisait-il peur ? Peut-être que leurs connaissances à propos de questions taboues telles que la fertilité, la sexualité, la guérison par les plantes, sans oublier de mentionner leur lien avec la nature, leur profonde compréhension des rituels sacrés marquant le rythme des saisons, leur intelligence intuitive et leur capacité à donner la vie, peut-être que tout cela représentait une trop grande menace pour l’ordre établi par une tradition patriarcale hiérarchisée et totalitaire. Je me suis posé la question : est-ce que les femmes ont joué un rôle bien plus important que ce que les traditions ecclésiastiques veulent bien nous laisser entendre ?
Je me suis donc mise au travail et j’ai consacré beaucoup de temps à la recherche afin de trouver des réponses à toutes ces questions. J’ai exploré des textes anciens, des codex antiques que l’on appelle apocryphes, je me suis penchée sur de nombreux ouvrages écrits par des théologiens, des philosophes, des mythologues, des historiens des religions, j’ai bien sûr étudié les évangiles. Finalement, j’ai choisi de présenter le résultat de mes recherches sous forme de roman parce que je crois qu’ainsi le message est beaucoup plus facilement assimilable.
Ma passion, c’est l’écriture, mais pour moi, un roman doit nécessairement avoir un sens profond, un message à faire passer. Le divertissement littéraire ne me suffit pas. Dans l’idéal, je voudrais que le récit puisse transmettre un savoir, ouvrir les cœurs et les consciences, inviter à la curiosité, proposer l’épanouissement, inspirer, libérer, faire rêver aussi… Faire rêver surtout. J’estime que le rêve est un fabuleux outil de développement, car c’est lui qui nous invite à quitter l’étroitesse de notre réalité, il nous ouvre les portes de l’inconnu et nous propose d’explorer les arcanes de l’inconscient. Une source inestimable de créativité.
Alors voilà, j’avais envie depuis très longtemps de proposer au lecteur de porter un regard nouveau sur le thème des femmes qui ont accompagné Jésus et de mettre en lumière le rôle prépondérant qu’elles ont très certainement joué.
Notre histoire est à la base de notre réalité, une vision tronquée de notre histoire nous empêche d’être au clair avec nous-mêmes aujourd’hui et d’accueillir sereinement le futur.
Pour vous, est-ce que Dieu est une femme ?
Pas du tout. Le divin est androgyne. Il est composé d’une face masculine et d’une face féminine. Comme nous les êtres humains d’ailleurs. La face féminine a été glorifiée dans les civilisations matriarcales du paléolithique supérieur jusqu’à peu près à la fin du néolithique (dès 30’000, voir même plus tôt, jusqu’à env. 3’000 av JC) souvent d’ailleurs au détriment du masculin. Ensuite, elle a été évincée et démonisée avec l’essor des civilisations patriarcales. Je crois que le moment est venu de réunir les principes masculin et féminin dans leur juste valeur. Ils sont complémentaires, l’un n’est rien sans l’autre…
La conception immaculée est-elle possible selon vous ?
Je crois que la parthénogenèse humaine (reproduction à partir d’un ovule non fécondé) a été possible à une époque très reculée. Pour la trouver, il nous faudrait remonter à une période archaïque lointaine où l’ancêtre de l’homme actuel n’avait pas la même constitution que l’homme d’aujourd’hui. Des études démontrent que les organes reproducteurs de la femme sont très anciens, plus anciens que ceux de l’homme et largement plus évolués. Le système reproducteur féminin a été l’une des premières choses que la nature a perfectionnées.
Donc autrefois, l’ancêtre de l’être humain aurait eu la capacité de s’autoféconder, comme le font aujourd’hui encore certaines races de lézards, de serpents, de poissons et d’insectes. Au fil des millénaires, ce procédé de reproduction s’est peu à peu perdu, sans toutefois tomber complètement dans l’oubli. Des sociétés secrètes antiques auraient continué de cultiver cet art de l‘engendrement et l’auraient exercé auprès de souveraines et personnages de haut lignage afin de leur permettre d’engendrer des êtres purs et nobles, capables de guider le commun des mortels. Cette pratique demandait un très haut degré de pureté et d’intégrité spirituelle ainsi qu’une réelle capacité à se mettre au service des autres. Tout cela fait partie des nombreux mystères de la vie qui se sont effacés de notre mémoire.
Quel est votre rapport avec la religion ?
La spiritualité fait partie intégrante de ma vie. Cependant, je ne crois pas avoir besoin d’un intermédiaire pour entrer en contact avec le divin, que ce soit un prêtre, un gourou, un guide ou un maître à penser… Cela implique une notion de séparation, de coupure, d’indignité humaine qui ne résonne pas du tout chez moi. Les religions organisées ont certainement eu leur raison d’être dans le passé, mais aujourd’hui je crois que ce n’est plus vraiment dans l’air du temps. Franchement, deux mille ans de culpabilité, de menaces, de peur de la punition, de conviction de n’être que de pauvres pécheurs indignes et repentants, c’est peut-être assez, non ? Le moment me semble venu de se tourner vers une autre vérité, de se dépasser soi-même et de découvrir le sacré. Je devrais plutôt dire de redécouvrir le sacré, car je suis convaincue que nous sommes tous divins. Je crois au principe de l’immanence. Une étincelle divine vit et vibre à l’intérieur de chacun, elle est là, elle est omniprésente dans toute forme de vie, et ne demande qu’à se manifester. La responsabilité revient à chacun de rétablir le contact avec cette dimension perdue, dans le respect de soi-même et de l’autre et donc forcément dans le respect des lois universelles qui en découlent.
De quelles lois universelles parlez-vous ?
De principes de vie qui résonnent beaucoup en moi, comme :
… pour n’en citer que quelques-unes.
Le récit de la Shekinah n’entre-t-il pas en contradiction avec les Évangiles ?
Non ! Et c’est cela qui est fascinant. Tout est une question d’interprétation et de compréhension des écritures. Des quatre Évangiles, seuls ceux de Matthieu[1] et de Luc[2] décrivent la naissance de Jésus. Les Évangiles selon Marc et Jean ne commencent qu’à la période du baptême de Jésus dans le Jourdain, soit autour de ses trente ans. Seul Luc fait allusion à l’épisode du temple lorsque Jésus a douze ans.
Bien qu’il y ait d’évidentes similitudes (la mère s’appelle Marie et le père Joseph, l’enfant s’appelle Jésus et naît à Bethléem), une lecture attentive des Évangiles selon Matthieu et Luc pourrait laisser penser qu’on raconte deux histoires qui ne sont pas complémentaires, mais différentes : les personnages ne peuvent pas être les descendants à la fois de Salomon, la lignée des rois (Évangile de Matthieu), et de Nathan, la lignée des prêtres (Évangile de Luc) ; ils ne peuvent pas être en même temps en Égypte (Évangile de Matthieu) et à Nazareth (Évangile de Luc). Il est également important de relever qu’à l’époque, environ la moitié des femmes s’appelaient Marie et que les prénoms de Joseph et Jésus étaient également très courants. Il n’est donc pas étonnant de les retrouver tous les trois dans une famille.
Ainsi donc, ne sommes-nous pas en droit d’émettre l’hypothèse que peut-être deux enfants différents ont existé, nés de pères et de mères différentes, avec une personnalité différente et une origine différente ? Et si la destinée de ces deux familles devait les réunir dans un but très précis ?
Dans ce roman, l’histoire de Yeshua (Jésus), de Maryam (Marie) et de Yoseph (Joseph) est donc librement inspirée de l’Évangile selon Matthieu alors que celle de Jésus, de Marie et de Joseph est librement inspirée de l’Évangile selon Luc.
[1]Mt 1.1 à 2.23
[2]Lc 1.26 à 3.38
D’où tirez-vous les informations qui ont inspiré la Shekinah ?
Le roman la Shekinah, Mère des Origines, est basé sur l’étude de quatre grandes catégories de textes :
1. D’abord, il y a bien sûr les textes bibliques composés du:
2. Ensuite viennent les textes dits apocryphes, ce sont des manuscrits rédigés vers le début de notre ère qui ont été tenus à l’écart du canon biblique, mais qui n’en restent pas moins de très précieuses sources d’informations. Ces documents ont été soigneusement cachés pour les protéger de l’usure du temps et de ses opposants farouchement déterminés à éliminer toute trace de leur existence. Un certain nombre d’apocryphes ont refait surface récemment. Parmi eux nous trouvons entre autres des codices gnostiques en provenance d’Égypte :
3.- Passons ensuite aux œuvres plus modernes de philosophes, théologiens, chercheurs, historiens des religions ou mythologues tels que Rudolf Steiner, Jean-Yves Leloup, Emile Bock, Mircea Eliade, Jacqueline Kelen, Daniel Meurois, Anton Parks, Merlin Stone, Riane Eisler – pour n’en citer que quelques-uns. Ces personnes ont largement oeuvré pour nous encourager à porter un regard tout frais, tout neuf, sur notre passé.
4.- Pour terminer, citons la catégorie des grands mystiques. J’évoquerai ici Edgar Cayce, Katherine Emmerich et Maria Valtorta. Leurs interventions nous ont également apporté de très précieuses informations sur la vie de Jésus et sur son entourage.
La littérature sérieuse ne manque vraiment pas. De nos jours, elle est là, à portée de mains, il suffit de s’y intéresser pour la trouver.
Il me semble important de souligner, que chacun est libre de prendre comme il le veut les informations présentées dans « la Shekinah » et de ressentir intérieurement si tout cela résonne en lui ou pas. N’oublions pas que personne ne sait objectivement comment les faits se sont véritablement déroulés il y a deux mille ans… Dans le roman « la Shekinah », je propose de porter un regard nouveau sur notre passé, pour mieux comprendre le présent et accueillir le futur émergeant qui s’offre à nous.